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Ellipse de reprise

Diane chasseresse, France, 2011

Diane chasseresse, France, 2011

Ce que j’aime à la rentrée, de septembre, de janvier ou de juillet, ce sont les reprises de séries télévisées. Les saisons parfois arrivent péniblement à leurs fins, mais la reprise est rarement moins que passionnante. Pour nous souhaiter la bienvenue et nous dire que les choses ont évolué, alors même qu’on ne nous les montrait pas, le fabriquant de séries propose un long travelling qui survole les paysages fréquentés dans les saisons précédentes et où est immédiatement visible la nouveauté. Mêmes lieux, mêmes personnages, d’autres personnages, mêmes gestes, une musique de fond donne le ton sur lequel prendre les choses. On retrouve de vieux amis, de vieux ennemis, des situations familières. Comme on suit rarement une seule série à la fois, et que toutes les reprises se font en même temps, on voit un dealer sadique abattu dans une série ressuscité en nouveau chef de la police ailleurs. Les chaises tournantes n’ont pas de morale. Seul le spectateur sensible rechigne à croire que le légionnaire sanguinaire qui servait César à Rome est devenu médecin d’élite à Seattle, à des années lumières de sa nature. Mais plus remarquables encore sont les transformations apportées au « look » des personnages. L’arme du temps qui passe dans une série télévisée est le ciseau du coiffeur. Pas un personnage ne change de saison sans s’être fait couper, rallonger, raser, désépaissir, colorer, déteindre les cheveux. Changement crédible, facile à faire et à comprendre. Par ailleurs, le comédien qui a signé pour une saison doit en avoir ras-le-bol, justement, de ne pas pouvoir changer de tête. Quant aux rides, aux cernes, au poids, ils semblent tabous à Hollywood et relèvent de la performance de comédien, pas de la réalité. Puis tout reprend comme avant, la coup(ur)e n’y change rien. Demain on rase gratis. L’ellipse existe-t-elle en photographie ? Est-elle possible en sculpture ? Devant cette fontaine, enfant, je me demandais si tous les chiens, fussent-ils mythologiques, n’auraient pas naturellement plutôt levée la patte ?

Hermance

Hermance Triay est née en 1977, elle vit et travaille à Paris. Auteure-photographe professionnelle, diplômée de l’EnsAD Paris (École nationale supérieure des Arts Décoratifs de Paris), elle a perfectionné son savoir-faire au studio Harcourt. Indépendante depuis 2003, cette orfèvre du portrait ancre sa pratique dans la recherche d’une certaine qualité de présence de son modèle, et dans sa démarche artistique. Parce que son art est de faire émerger ce qui est fondamental, ses portraits exposent la force et la beauté singulière de chacun. Dans son atelier du 13e arrondissement, que fréquentent des professionnels libéraux, des chefs d’entreprises et des écrivains, elle œuvre quotidiennement à photographier les personnalités marquantes de la société contemporaine.

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