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Flou de mise au point

Nettement flou, Terre-Neuve, 2011

Nettement flou, Terre-Neuve, 2011

Après un temps de pause, un voyage, l’organisation d’un deuxième Open Show Paris et la reprise d’activités photographiques, voici le temps d’un post.
La mise au point est un élément fondamental. En photographie et ailleurs. La distance minimale possible entre l’objectif et le capteur correspond à la formation d’une image nette sur l’infini. Tout bonnement la définition de la longueur focale. Pour une mise au point plus rapprochée que l’infini, naturellement, l’objectif devra prendre ses distances avec le capteur. À la chambre, on appelle cela le tirage. À la chambre toujours, l’espace dans lequel doit se trouver le plan du film pour que l’image soit nette s’appelle la profondeur de foyer. Voilà comment, au travers d’une métaphore très absconse pour les moins techniciens, s’exprime l’impossibilité de mettre les choses au net sur les sujets qui nous sont les plus proches sans que cela ne cause, par définition, d’écartement entre son objectif et sa surface sensible. Faut-il alors préférer le flou ? On peut certainement s’accommoder d’un appareil rustique proposant trois types de mise au point : 1,5 m ; 3 m et l’infini et dont  le viseur est un bout de plastique qui donne une idée approximative d’un cadrage dont la surface est à peu près nette, c’est-à-dire floue. La dangereuse contrepartie de ce confortable entre-deux est le risque que l’on court d’un proche incompréhensible et d’un insondable infini.
Hermance

Hermance Triay est née en 1977, elle vit et travaille à Paris. Auteure-photographe professionnelle, diplômée de l’EnsAD Paris (École nationale supérieure des Arts Décoratifs de Paris), elle a perfectionné son savoir-faire au studio Harcourt. Indépendante depuis 2003, cette orfèvre du portrait ancre sa pratique dans la recherche d’une certaine qualité de présence de son modèle, et dans sa démarche artistique. Parce que son art est de faire émerger ce qui est fondamental, ses portraits exposent la force et la beauté singulière de chacun. Dans son atelier du 13e arrondissement, que fréquentent des professionnels libéraux, des chefs d’entreprises et des écrivains, elle œuvre quotidiennement à photographier les personnalités marquantes de la société contemporaine.

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