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À l’œil [9]

99 notes préparatoires à la photographie voyeuriste, 9

Hermance, août 1978

Voyeur mis à nu, Hermance, août 1978

89        L’autre, corps et âme, est dans son regard.

90        Le regard de l’autre est-il malveillant ? Pourquoi est-il d’abord perçu comme cela ?

91        Ocelle, zool. Tache ronde sur une aile d’insecte, le plumage d’un oiseau, le pelage d’un mammifère. Lexis

92        La situation s’inverse, et la menace d’être vu est partout : caméras de surveillance, fenêtres aux rideaux tirés, téléphones portables aux objectifs photo dressés, mauvais œil… Tous, ils nous regardent, mais ils ne nous voient pas.

93        Qui n’a jamais éprouvé de malaise en croisant le regard d’un aveugle ?

94        Comment échapper (et à quoi précisément) ? Camouflage, invisibilité, dissimilation, cache-cache. Comment désarmer ceux qui nous mettent en joug (et pourquoi) ? En créant une diversion ?

95        Jusqu’à présent il n’a pas été fait de distinction entre le photographe voyeur, et l’amateur curieux de ces photographies, partant du principe que, photographe ou pas, le voyeurisme, à divers degrés, touchent tout le monde. Mais ce que le photographe professionnel peut produire pour satisfaire le spectateur de son art est-il ce qu’il créerait pour lui ?

96        Qu’elle est l’intérêt de ce jeu de dupes où réalité ou mise en scène de ce qui est montré n’est plus certain ; si cela a même été jamais la question ?

97        Est-il possible de laisser tomber le voyeurisme ? Peut-on morceler, détacher, oublier le voyeur en soi ? La photo ou la vie ? On abandonne plus facilement sa bourse.

98        Pourquoi a-t-on besoin des images ?

99        Piéger les secrets de l’autre puis capturer le regard de ceux à qui on offre l’image en pâture. Cela me semble une définition possible du voyeurisme.

Hermance

Hermance Triay est née en 1977, elle vit et travaille à Paris. Auteure-photographe professionnelle, diplômée de l’EnsAD Paris (École nationale supérieure des Arts Décoratifs de Paris), elle a perfectionné son savoir-faire au studio Harcourt. Indépendante depuis 2003, cette orfèvre du portrait ancre sa pratique dans la recherche d’une certaine qualité de présence de son modèle, et dans sa démarche artistique. Parce que son art est de faire émerger ce qui est fondamental, ses portraits exposent la force et la beauté singulière de chacun. Dans son atelier du 13e arrondissement, que fréquentent des professionnels libéraux, des chefs d’entreprises et des écrivains, elle œuvre quotidiennement à photographier les personnalités marquantes de la société contemporaine.

1 Comment

  • Soupault

    Répondre 2011-09-11 16:20

    ouf! 100% de l’exercice est fini ! Le définitif c’est pour quand? certains de vos commentaires suscitent des réflexions…mais chapeau!
    amitiés
    thierry

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