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Tension esthétique [6]

99 notes préparatoires à la photographie voyeuriste, 6

Comédie, Paris, 2011

Comédie, Paris, 2011

56      L’impression doit être un manque d’objectivité. Tout ce qui dans l’image trahit la présence du photographe embusqué enrichi le fantasme d’une vision voyeuse.

57      Des flous au premier plan sont d’excellents obstacles au regard. Fenêtre, judas, embrasure de rideaux, le cadre doit donner l’impression que le regard traverse les murs.

58      S’il n’y a pas de fente où glisser l’œil, découpez dans du papier des trous de serrures, et placez-les devant l’objectif.

59      Le sujet aux limites du cadre est excellent pour l’attention, et autre.

60      La nécessité de fixer le mouvement dans une luminosité faible oblige à quelques arrangements techniques qui influencent directement l’esthétique.

61      Peu de profondeur de champ due à une grande ouverture de diaphragme.

62      Des perspectives « aplaties » dues à l’utilisation de longues focales.

63      Le grain très visible du film à haute sensibilité, adaptée aux basses lumières. Ou le bruit de l’image numérique du au manque de lumière et/ou à la qualité médiocre du capteur de l’appareil photo, voire du téléphone portable ou de n’importe quel gadget photographique dissimulé dans un talon de chaussure, une montre, un pommeau de canne. Tout ce qui est illisible est comblé par l’imagination, ce qui n’est pas contre-productif.

64      Les images en noir et vert, prises avec des appareils de vision nocturne, par exemple dans les bois autour de Paris donneront une authentique ambiance de chasse.

65      Pour une atmosphère de boudoir poudreuse et cuir, un virage sépia semble plus approprié.

66      L’important est de donner conscience au spectateur d’être le témoin par dessus l’épaule du voyeur. Qu’il sente la tension de la prise de vue. Qu’il en éprouve de la gêne, de la honte, un trouble, du plaisir.

Hermance Triay est née en 1977, elle vit et travaille à Paris. Auteure-photographe professionnelle, diplômée de l’EnsAD Paris (École nationale supérieure des Arts Décoratifs de Paris), elle a perfectionné son savoir-faire au studio Harcourt. Indépendante depuis 2003, cette orfèvre du portrait ancre sa pratique dans la recherche d’une certaine qualité de présence de son modèle, et dans sa démarche artistique. Parce que son art est de faire émerger ce qui est fondamental, ses portraits exposent la force et la beauté singulière de chacun. Dans son atelier du 13e arrondissement, que fréquentent des professionnels libéraux, des chefs d’entreprises et des écrivains, elle œuvre quotidiennement à photographier les personnalités marquantes de la société contemporaine.

Comments: 3

  • Soupault

    Répondre 2011-09-07 14:39

    courage Hermance…il n’en reste plus que 46!

  • Soupault

    Répondre 2011-09-07 14:40

    heu…43!

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